Le cas Need for Speed Undercover

Je m’énerve rarement sur un jeu. Si le jeu est difficile, je serre les dents et j’avance comme je peux. Si le jeu est mauvais, je râle un peu, sans plus. Rares sont les jeux qui m’ont donné envie de balancer ma manette par la fenêtre. Need for Speed Undercover en fait partie. Explications.

Need for Speed X Fast & Furious

Need for Speed Undercover est un jeu de courses sorti en 2008 sur PS2, PS3, PSP, Xbox 360, Wii, Nintendo DS et PC. Dans Need for Speed Undercover, vous incarnez un agent du FBI dont la mission est d’infiltrer un réseau criminel spécialisé dans la course de rue et le vol de voiture. Pour mener à bien votre mission, vous allez devoir vous faire remarquer grâce aux différentes courses proposées et faire vos preuves grâce aux missions de l’histoire.

Le scénario, s’il ne joue pas la carte de l’originalité, a au moins le mérite d’exister. Pour moi, l’histoire de Need for Speed Undercover est un Fast-&-Furious-like banal avec un gros défaut : on ne voie jamais le héros (c’est à dire le joueur). J’ai l’impression que les scénaristes ont tenté de bricoler quelque chose, un enfant illégitime entre un jeu vidéo et un film de courses. Ont-ils voulu cacher le héros afin d’accentuer l’immersion du joueur ? Je ne sais pas. Si la tentative d’amener une histoire à un Need for Speed est louable, le résultat l’est beaucoup moins.

La progression est scénarisée dans Need for Speed Undercover.

La progression est scénarisée dans Need for Speed Undercover.

Need for Speed Undercover – Toute une technique

L’aspect technique de Need for Speed Undercover est inattendu. Les voitures que l’on conduit sont assez jolies, contrairement aux véhicules des nombreux civils que l’on croise dans les rues de Tri-City, la ville fictive où se déroule l’action du jeu. Là où le bât blesse, c’est au niveau des décors. Pas spécialement jolis, ces derniers risquent de vous faire rager à de nombreuses reprises. Il est en effet fréquent qu’en plein milieu d’une course, le jeu freeze pour charger la partie suivante du décor ! Et il y a pire … Les décors qui s’affichent au fur et à mesure représentent la partie émergée de l’iceberg. Il est arrivé plusieurs fois que les décors ne se chargent pas ! Je me suis retrouvé avec ma voiture, dans le vide, ne pouvant pas faire grand chose à part choisir une course via la carte du jeu. Ou admirer la chute infinie de ma voiture.

La technique de ce jeu est fourbe. Tout ce que vous pouvez faire ou presque nécessite un temps de chargement. Il arrive même que ces temps de chargement fassent buguer le jeu. À plusieurs reprises, j’ai dû redémarrer Need for Speed Undercover car il était resté bloqué sur un écran de chargement. J’ai même réussi à faire planter le jeu en voulant afficher le menu Pause. Vous avez bien lu : j’ai appuyé sur la touche Start pour mettre le jeu en Pause, et le jeu a planté. Et ce n’est pas fini !

Graphiquement, c'est pas l'éclate ...

Graphiquement, c’est pas l’éclate …

Conduite et intelligence

Need for Speed Undercover n’a vraiment pas de chance. En plus de son aspect technique plus que discutable, le jeu vous propose une conduite assez déconcertante. Oubliez le frein, accélérer et ralentir dans les virages (même les plus serrés) suffit. Les sensations de vitesses ? Elles se limitent à un simple filtre visuel sur l’écran. L’inertie des voitures ? Toutes ont le même comportement. Le pire dans tout ça, c’est que j’ai l’impression que la conduite est buguée. Par moment, ma voiture ralentit plus que prévu. Ça arrive souvent après un choc avec un mur ou dans un virage trop serré. Lorsque je rentre dans un mur, il est normal que je perde de la vitesse. Par contre, il n’est pas normal que la voiture freine brusquement. Perdre de la vitesse dans un virage serré ou après un choc, je veux bien. Mais bourriner les freins alors que je n’ai rien demandé, ça m’énerve un poil. Surtout lorsque mes adversaires me collent au train.

Justement, parlons des adversaires et de l’Intelligence Artificielle de Need for Speed Undercover. Je ne crois pas avoir vu une IA aussi aléatoire dans un jeu de courses depuis longtemps ! D’une course à l’autre, vous pouvez vous retrouver face à des adversaires médiocres que vous pourriez battre en marche arrière à des adversaires imbattables quelle que soit la voiture que vous conduisez. Vous avez la meilleure voiture du jeu avec les améliorations les plus puissantes ? Si le jeu a décidé de vous battre, ce n’est pas votre bolide qui l’en empêchera. Petite cerise sur le gâteau : vous affronterez souvent des voitures d’une classe supérieure à la vôtre. J’aime quand un jeu me résiste, qu’il propose un challenge intelligent. Là, le challenge n’est ni intéressant, ni intelligent, ni même fair-play. Et le pire, c’est que je crois savoir pourquoi le jeu est injuste à ce point …

La conduite est particulière, les adversaires sont imprévisibles.

La conduite est particulière, les adversaires sont imprévisibles.

Injustice ? Pas seulement …

La difficulté aléatoire du jeu peut être quasiment anéantie. Ne cherchez pas à baisser la difficulté dans les options du jeu, ce n’est pas possible (ou alors je n’ai pas trouvé comment faire). Il y a pourtant une manière de se faciliter la vie dans Need for Speed Undercover : les micro-transactions. Au fur et à mesure de votre progression dans Need for Speed Undercover, vous débloquez de nouvelles améliorations et de nouvelles classes de voitures. Vous trouvez le jeu trop dur ? Vous en avez marre de vous faire battre par une IA qui conduit une voiture bien plus puissante que la vôtre ? Vous n’avez pas assez d’argent pour vous payer cette voiture bien plus puissante et/ou ces améliorations qui pourraient vous changer la vie ? Pas de soucis, sortez votre carte bleue !

J’ai un véritable problème avec les micro-transactions. Ici, elles ne servent pas à gagner les courses automatiquement, elles ne font qu’aider à payer les voitures/améliorations plus puissantes. On peut finir le jeu sans avoir recourt aux micro-transactions (encore heureux !). Pourtant, rien que par leur présence, ces micro-transactions me gênent. Selon le modèle économique du jeu, je peux comprendre la présence de micro-transactions. Dans un Free To Play, les micro-transactions peuvent être un moyen d’encourager/faire vivre les développeurs d’un jeu (à condition d’éviter les abus). Dans un jeu vendu plein tarif dans le commerce, je ne vois pas l’intérêt, hormis soutirer quelques euros supplémentaires aux joueurs.

Need for Speed Undercover peut être incroyablement frustrant.

Need for Speed Undercover peut être incroyablement frustrant.

Un jeu sous couverture

J’aimerai que Need for Speed Undercover soit bon car j’aime la série Need for Speed. D’autant que Need for Speed Undercover possède quelques points forts : une histoire scénarisée (qu’on apprécie ou pas le scénario, au moins il y en a un), la bande son est assez sympathique et variée et la durée de vie du jeu est plutôt bonne. Seulement voilà, ces qualités ne compensent pas les défauts dont je parle plus haut. Je vais finir le jeu, car je veux voir jusqu’où le vice a été poussé. J’ai attendu avant d’écrire cet article. J’ai même hésité à l’écrire, tant je ne voyais pas comment je pouvais parler de Need for Speed Undercover sans frôler la vulgarité. Au final, qu’est ce que je retiens de Need for Speed Undercover ? Un peu d’amusement, beaucoup de frustrations, et cette éternelle question : comment est-ce possible ? Sur le papier, Need for Speed Undercover est un jeu sympa. En pratique, ça se gâte …

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One thought on “Le cas Need for Speed Undercover

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